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Actualités




09-12-2009

Les piscines se mettent au vert

Le bleu lagon fait moins rêver. On lui préfère le vert ruisseau ou le gris anthracite. La preuve : les dernières tendances du salon Piscines et spas, qui se tient jusqu’au 13 décembre à Paris, porte de Versailles. Ces nouvelles teintes de « liners » ou de revêtement en dur ont l’avantage de mieux se fondre dans le jardin, ou de s’adapter au style de la maison, répondant aux attentes croissantes de personnalisation, explique Sophie Dudicourt, l’organisatrice de la manifestation. Après un premier semestre en très fort recul – 20% de baisse d’activité – le bel été 2009 a ranimé le marché, estiment les professionnels, qui jouent aussi la carte du bien-être et du bénéfice « santé ».
Autre levier marketing : le surplus de valorisation d’un bien immobilier équipé d’une piscine enterrée. Une affirmation à nuancer. Pour Laurent Vimont, président de Century 21 France, s’il est vrai que dans le Midi ou le Sud-Ouest, « ne pas avoir de piscine décote un bien, inversement il est impossible d’affirmer que la présence d’une piscine génère un surplus chiffrable ».
Côté tendance, le fabricant Magiline constate que l’essentiel de la demande porte encore sur des teintes pâles de sable, crème ou bleu,mais les foncées ont leur cote en hausse. Quant au style, il se fait contemporain avec des formes rectangulaires, type couloir de nage, plus facile à caser dans un tout petit jardin.Voire une terrasse de ville… Diffazur s’est fait une spécialité de ces minibassins qui peuvent parfois se dispenser d’une déclaration préalable de travaux. Equipées de mécanismes de nage à contre-courant, de bains bouillonnants ou de buses de massage, ces piscines XS ont alors presque tout d’un spa… A noter la percée de l’Inox pour les structures des piscines. Inaltérable et plus facile d’entretien, il a, en outre, l’avantage de chauffer rapidement l’eau. Pour les abords, les revêtements en bois, façon « sun deck »
sont plébiscités.
La carte naturelle va de pair avec une meilleure prise en compte des exigences du développement durable. Jean-Louis Desjoyaux, le patron de la PME créée par son père, qui s’est hissée à la première place européenne, est fier d’expliquer que 8.400 bouteilles de lait en polypropylène recyclées permettent de construire le coffrage d’une piscine de 8 mètres sur 4. « Le Grenelle de l’environnement a beaucoup poussé les demandes de nos clients en ce sens », constate-t-il. Du coup, sa société travaille avec les organismes type Eco Emballage pour récupérer les déchets. Elle s’est aussi engagée à recycler 100% des siens sur son site de La Fouillouse (Loire), où sont fabriqués dallages et margelles de piscines. Le fabricant Nordique Spa utilise, lui, les briques de lait recyclées pour habiller l’extérieur de ses cabines, dont la structure en bois provient de forêts gérées de manière durable. Zodiac Européen Pools va plus loin en récoltant des composites auprès des scieries. Transformés en « farine », ils deviennent des coques de piscines hors sol. Les professionnels travaillent aussi à réduire la consommation d’énergie des systèmes de nettoyage des bassins et de désinfection de l’eau. Substitution du chlore par l’électrolyse du sel (piscine Caron), stérilisation de l’eau par générateur d’UV (Idoine),mise en place de pompe à chaleur pour chauffer l’eau…

De l’eau juste épurée
Les nostalgiques des bains en rivière ou dans les lacs ont aussi la ressource d’opter pour la formule dite des baignades « atypiques ». On ne parle plus de piscines puisque l’eau n’est ni désinfectée ni désinfectante, mais juste épurée de manière biologique dans des bassins annexes, plantés de végétaux. Courant en Europe du Nord depuis trente ans, ce type d’équipement est récent en France. Biotech, spécialiste suisse, fait état d’une demande croissante émanant de groupes hôteliers comme Relais & Châteaux ou Accor, qui apprécient leur parfaite intégration dans le paysage.Les particuliers aussi se laissent convaincre. « Nos clients disent qu’ils veulent se faire plaisir tout en faisant du bien à la planète.C’est très valorisant », remarque Fabrice Cailluyer, patron de la filiale française de Biotech. Le coût d’installation est plus élevé au départ, à partir de 50.000 euros.

VALÉRIE LEBOUCQ, Les Echos
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